Ce document présente le rapport d'une étude menée par les laboratoires de Géographie Humaine (LABOGEHU) et de la Géographie scolaire (LOGOS) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Intitulé Projet sur les Usages du Programme de Géographie dans les lycées et collèges du Sénégal (PURGES), ce travail s'inscrit dans le cadre du programme APPRENDRE, financé par l'Agence française de Développement (AFD) et mis en œuvre par l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF). L'objectif principal est de documenter les forces et faiblesses des écosystèmes éducatifs afin d'améliorer la qualité des enseignements.
L'enquête combine des approches quantitatives et qualitatives pour analyser la manière dont les enseignants perçoivent et mettent en œuvre les programmes de géographie. Un questionnaire a été administré à 365 enseignants répartis dans les établissements moyens et secondaires à travers six régions géographiques du pays. En parallèle, des entretiens ont été réalisés auprès de 126 individus, complétés par l'analyse de corpus documentaires tels que des rapports d'inspection, des cahiers de texte et des manuels scolaires.
L'étude révèle que de nombreux enseignants possèdent une connaissance partielle des prescriptions officielles et des objectifs du programme. Si le programme est généralement perçu comme un outil normatif à respecter en termes de progression, il est souvent appréhendé par les enseignants des collèges et lycées comme un simple listing de leçons plutôt que comme un ensemble combinant contenus, compétences exigibles et orientations méthodologiques et axiologiques. De plus, la mise en œuvre se heurte souvent à des contraintes de temps et à la lourdeur perçue des contenus.
Face à un programme jugé parfois volumineux et encyclopédique, plus de la moitié des enseignants interrogés déclarent procéder à des arrangements ou des « bricolages » pédagogiques. Ces pratiques se traduisent par l'intégration de plusieurs leçons en une seule, l'ajout de leçons introductives, la substitution ou l'omission de certains chapitres, en particulier dans les classes d'examen comme la Terminale. La planification s'articule autour de démarches individuelles et collectives, notamment à travers les cellules pédagogiques et les progressions harmonisées adossées aux évaluations standardisées (PHARES).
Les enseignants définissent majoritairement la géographie scolaire comme une culture générale permettant de comprendre le monde, tout en exprimant une forte demande d'enracinement dans les valeurs et réalités africaines et sénégalaises. Le rapport formule plusieurs recommandations, notamment l'accélération de la réforme des curricula dans le cadre du Projet d'Appui au Renouveau des Curricula (PARC), la production de ressources pédagogiques adaptées, et le renforcement de la formation initiale et continue des enseignants.
L'étude a été réalisée par les laboratoires de Géographie Humaine (LABOGEHU) et de la Géographie scolaire (LOGOS) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Le projet vise à analyser la manière dont les enseignants perçoivent et mettent en œuvre les programmes de géographie dans les collèges et lycées du Sénégal afin d'améliorer la qualité des apprentissages.
La recherche combine une approche quantitative par questionnaire auprès de 365 enseignants et une approche qualitative basée sur des entretiens, des rapports d'inspection et des cahiers de texte.
Les enseignants pointent du doigt la longueur et le caractère encyclopédique des programmes, l'insuffisance de ressources matérielles et de manuels, ainsi que les difficultés liées au respect des progressions face aux perturbations scolaires.
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