Production du Kénaf et de la Roselle en Afrique Tropicale
Introduction à l'étude des hibiscus textiles
Ce document aborde les conditions particulières de la production du kénaf (Hibiscus cannabinus L.) et de la roselle (Hibiscus sabdariffa L. var. altissima Wester) en Afrique tropicale. Rédigé par J. Boulanger, J.C. Follin et J. Bourely, cet ouvrage s'inscrit dans les travaux de recherche de l'Institut de Recherches du Coton et des Textiles Exotiques (I.R.C.T.). Il constitue une première partie consacrée aux caractéristiques de la plante, à son acclimatement, aux problèmes parasitaires et aux méthodes d'amélioration variétale.
Importance économique et place des fibres jutières
Historiquement, le développement des fibres de sacherie en Afrique a été motivé par la volonté d'assurer un auto-approvisionnement local face aux fluctuations du marché international du jute. Les essais menés à travers le continent ont montré que le kénaf et la roselle étaient les plantes les mieux adaptées aux conditions locales de sol et de climat. L'ouvrage présente en détail les statistiques de production mondiale, l'évolution des surfaces cultivées et les rendements enregistrés dans divers pays producteurs comme le Mali, la Côte d'Ivoire, le Bénin et la Centrafrique.
Botanique et structure de la tige
La classification botanique place ces plantes dans l'ordre des Malvales, famille des Malvacées, tribu des Hibiscées et section Furcaria D.C. Le texte détaille les critères de détermination des principales espèces, leurs caractéristiques morphologiques, ainsi que les différences entre les formes botaniques (tels que viridis, vulgaris, simplex, purpureus et ruber pour le kénaf). L'analyse anatomique de la tige met en évidence la disposition des faisceaux de fibres primaires et secondaires dans le phloème, ainsi que la notion de maturité textile, essentielle pour déterminer la date optimale de coupe.
Acclimatement et exigences écologiques
Le développement et le rendement de ces cultures dépendent fortement des facteurs climatiques et de la photopériode. Le kénaf et la roselle sont des plantes de jours courts dont la floraison est induite par une durée critique propre à chaque variété. Le document analyse l'influence de la température, de la pluviométrie et de la latitude sur la croissance journalière, la hauteur des tiges et la production de semences. Les exigences en matière de sols bien drainés et de régimes hydriques sont également exposées en comparant ces espèces avec le jute.
Problèmes parasitaires et protection des cultures
Les auteurs consacrent une part importante aux facteurs limitants d'origine parasitaire. La roselle est particulièrement menacée par le chancre du collet et de la tige causé par Phytophthora parasitica, tandis que le kénaf subit les attaques de l'anthracnose due à Colletotrichum hibisci, qui détruit les bourgeons terminaux. Les nématodes galligènes du genre Meloidogyne représentent un autre obstacle majeur dans les sols sableux. Le texte recense de nombreux autres micro-organismes, champignons, bactéries et insectes ravageurs signalés sur les hibiscus textiles, tout en discutant des méthodes de lutte agronomique, chimique et variétale.
Amélioration variétale et ressources génétiques
L'amélioration des variétés vise à isoler des lignées productives résistantes aux maladies et adaptées aux conditions locales. Les techniques de sélection font appel à l'estimation des composantes de la production, aux tests d'inoculation artificielle pour évaluer la résistance aux parasites, ainsi qu'à la mutagenèse expérimentale et aux hybridations interspécifiques. Enfin, le document souligne l'importance de la sauvegarde des ressources génétiques à travers la conservation des collections de génotypes et la production de semences contrôlées.
Questions fréquentes
Quelles sont les deux principales espèces d'hibiscus textiles étudiées dans ce document ?
Le document se concentre principalement sur le kénaf (Hibiscus cannabinus L.) et la roselle (Hibiscus sabdariffa L. var. altissima Wester).
Quel est l'agent responsable de l'anthracnose du kénaf ?
L'anthracnose du kénaf est provoquée par le champignon Colletotrichum hibisci Poll., qui attaque les méristèmes et détruit le bourgeon terminal.
Comment la photopériode influence-t-elle la floraison du kénaf et de la roselle ?
Ce sont des plantes de jours courts qui fleurissent lorsque la durée de la photopériode descend en dessous d'un seuil critique propre à chaque variété, ce qui détermine le cycle végétatif et la période de coupe.
Testez vos connaissances
Question 1
À quelle famille de plantes appartiennent principalement les hibiscus textiles ?
- Aux Tiliacées
- Aux Malvacées
- Aux Sterculiacées
- Aux Graminées
Réponse correcte : Aux Malvacées
Explication : Le texte indique clairement que le kénaf et la roselle sont des dicotylédones appartenant à la famille des Malvales et plus précisément à la famille des Malvacées.
Question 2
Quelle maladie cryptogamique attaque principalement le collet de la roselle ?
- L'anthracnose
- Le chancre du collet causé par Phytophthora parasitica
- La pourriture charbonneuse
- Le flétrissement bactérien
Réponse correcte : Le chancre du collet causé par Phytophthora parasitica
Explication : La roselle est principalement touchée par le chancre du collet et de la tige dont l'agent causal est le champignon inférieur Phytophthora parasitica.
Question 3
À quel moment est généralement conseillée la coupe des tiges de kénaf et de roselle pour obtenir une fibre de qualité ?
- À la maturité complète des graines
- Au moment de l'apparition des premières fleurs
- En fin de saison sèche
- Avant la levée de la plante
Réponse correcte : Au moment de l'apparition des premières fleurs
Explication : Les analyses technologiques confirment que la maturité textile optimale est acquise dès l'apparition des premières fleurs (5 à 8 fleurs), après quoi la souplesse de la fibre diminue.
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